
Evolution des technologies précédentes, la 5G continue de faire couleur beaucoup d’encre, probablement trop, notamment sur des points très techniques. Dans ce contexte pénible, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) a publié un document qui devrait faciliter le déploiement de la 5G dans certains cantons ou communes.
Dans un climat manifeste de désinformation, le Conseil fédéral a chargé l’OFEV d’élaborer une aide à l’exécution relative aux antennes adaptatives, c’est-à-dire capables de focaliser leur puissance dans des zones spécifiques. Ce document devrait servir de directive aux autorités octroyant les autorisations pour calculer le rayonnement des antennes adaptatives, selon un communiqué de presse.
Le «beamforming» arrive
Pour mémoire, les antennes adaptatives permettent une meilleure utilisation de l’énergie pour focaliser l’envoi et la réception de données dans un secteur particulier. A la différence des antennes conventionnelles, qui rayonnent de manière égale dans leur angle de fonctionnement, ces installations émettent moins d’énergie «au repos» et concentrent ainsi une partie de leur puissance, là où le mobinaute en a besoin (beamforming).
Une telle potentialité permet ainsi une meilleure utilisation de son terminal mobile, une meilleure gestion de l’énergie et, globalement, une meilleure expérience utilisateur, tout en réduisant potentiellement le nombre d’antennes nécessaires. Evidemment, une méthode spécifique de mesure du rayonnement, dans le cadre légal actuel, est nécessaire.
Une évolution prévue de longue date
Cette évolution, utilisable avec d’autres technologies radio, est en gestation depuis de longues années. J’ai régulièrement eu l’occasion d’en discuter ces dernières années avec les équipementiers, les opérateurs et autres parties prenantes du domaine des télécoms. Malheureusement, d’aucuns découvrent parfois le Dynamic Spectrum Sharing (DSS) utilisé par Swisscom pour proposer une couverture 5G de 90% de la population, les connaissances ne sont pas au rendez-vous et on va jusqu’à bloquer les mises à jour logicielles des installations.
Mon commentaire ? Même si cette nouvelle publication est des plus positives, aussi bien en matière de protection de la santé que technologique, elle risque de ne pas suffire. Dans un contexte tendu, le discours simplificateur des charlatans, des conspirationnistes et autres réactionnaires rompus aux techniques de communication pourrait bien continuer de faire mouche, au détriment de l’intérêt commun.
Xavier Studer