
Le groupe de travail Téléphonie mobile et rayonnement a présenté jeudi son rapport sur le déploiement de la 5G. Alors que les opérateurs ont déployé un intense lobbyisme pour obtenir un assouplissement des normes en vigueur, ils ont échoué. Ne parvenant pas à se mettre d’accord, le groupe valide ainsi le principe de précaution se basant sur les normes actuelles.
Instauré l’année dernière par le DETEC et dirigé par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), le groupe de travail était composé d’un large cercle d’experts et de représentants de groupes d’intérêt, dont de nombreux gravitant autour des opérateurs et de l’industrie mobile. Ce rapport de 129 pages constitue un vaste résumé des connaissances scientifiques actuelles et ne permet pas par conséquent de prise de position catégorique.
Pas de preuve cohérente
Dans un communiqué de presse, ce groupe constate que «les effets sanitaires des fréquences de téléphonie mobile utilisées actuellement, dont le rayonnement est inférieur aux valeurs limites d’immissions fixées dans l’ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI), n’ont pour l’heure pas pu être prouvés de manière cohérente».
Le groupe formule donc cinq options relatives aux formes que pourrait revêtir l’évolution de la 5G et des effets qui y sont liés. Il présente notamment des pistes sur la manière dont l’exposition de la population au rayonnement pourrait être gérée, au regard de l’évolution de la téléphonie mobile.
Cinq scenarii, sans abaissement clair des valeurs
Le groupe a formulé cinq scenarii de déploiement de la 5G :
- Statu quo en ce qui concerne les exigences de l’ORNI
- Pas de modification de la valeur limite de l’installation, mais exigences plus strictes dans l’ORNI concernant les petites cellules et les antennes
- Relèvement et uniformisation de la valeur limite de l’installation à 6V/m et évaluation basée sur la valeur moyenne
- Relèvement de la valeur limite de l’installation à 11,5V/m par opérateur
- Relèvement et uniformisation de la valeur limite de l’installation à 20V/m.
Évidemment, les opérateurs ont applaudi cette orientation générale. «Le rapport technique publié aujourd’hui confirme que rien n’empêche le déploiement de la 5G d’un point de vue sanitaire. Il lève donc les doutes et apporte de la clarté. Les cantons et les communes peuvent désormais traiter sans délai les procédures d’autorisation conformément aux recommandations applicables», entonnent Salt, Sunrise et Swisscom dans un texte commun.
Xavier Studer