
Les premiers produits estampillés Wi-Fi 6 débarquent et nous commençons ici, en véritables pionniers, à les pousser dans leurs ultimes retranchements! Une mission complexe comme nous l’avons constaté puisqu’il faut avoir à disposition aussi bien le matériel nécessaire, que la connexion internet qui va avec… Petits rappels techniques…
D’abord pourquoi le Wi-Fi 6 ou Wi-Fi ax puisque de nombreux abonnés de Swisscom ne surfent sur le cuivre qu’à quelques Mbits/sec, me diront les plus critiques? Ce n’est pas faux, mais les opérateurs les plus innovants comme Salt permettent grâce à la fibre optique de tutoyer les 10 Gigabits/sec! De quoi mettre à genoux tous les équipements existants!
Outre la performance technologique, n’oublions pas que nos besoins en bande passante ne cessent de progresser que ce soit pour les jeux, la TV connectée, la réalité virtuelle, etc. Des besoins qui sont multipliés par le nombre de membres d’un ménage… Là encore, je n’aimerais pas être raccordé à un poussif lacet style DSL à la sauce Swisscom, parfois synonyme de vétusté extrême.
Jusqu’à 10 Gibagits/sec!
Parallèlement au déploiement de la 5G, les ingénieurs ont donc fait évoluer les normes Wi-Fi actuelles pour lancer le Wi-Fi 6, qui outre une numérotation plus simple, doit permettre d’offrir plus de bande passante, des délais de latence plus faibles, une meilleure gestion de davantage d’appareils en parallèle et une consommation moindre, notamment, comme rappelé sur Wikipedia.
Pour en arriver là, le Wi-Fi 6, dont la norme est en cours de finalisation, intègre plusieurs nouveautés ou améliorations technologiques, citées ci-dessous, selon un résumé de la Wi-Fi Alliance. On constate que nombre de ces adaptations sont en rapport plus ou moins étroit avec des évolutions introduites avec la 4G ou la 5G. Au final, en utilisant toutes ces potentialités, il serait théoriquement possible de tutoyer les 10 Gigabits/sec!
Les améliorations en bref
- Accès multiple par répartition orthogonale en fréquence (OFDMA) sur liaison montante et descendante: augmente l’efficacité du réseau et réduit la latence dans les environnements à forte demande.
- Multi-user multiple input, multiple output (MU-MIMO): permet de transférer plus de données à la fois et permet à un point d’accès de transmettre à un plus grand nombre de clients simultanés à la fois.
- Formation du faisceau de transmission (beamforming): permet des débits de données plus élevés à une portée donnée, ce qui augmente la capacité du réseau.
- Mode de modulation d’amplitude en quadrature 1024 (1024 — QAM): augmente le débit des appareils Wi-Fi en codant plus de données dans la même quantité de spectre.
- Temps de réveil cible (TWT): améliore la durée de vie de la batterie des appareils Wi-Fi, tels que les appareils de l’internet des objets (IoT).
Les limites dans la pratique
Tout cela est évidemment magnifique sur le papier, mais de multiples obstacles entravent le chemin des 10 Gigabits/sec mobiles, comme j’ai pu le constater en testant une ligne fibre à très hautes performances de Salt, désormais synonyme d’accès à internet de qualité… Car tout commence par la possibilité d’avoir un accès stable et de très grand débit, que seule la fibre optique peut proposer aujourd’hui!
J’ai ainsi constaté que les routeurs sont souvent limités à un gigabit en entrée, que les smartphones ne possèdent parfois que deux antennes (et non quatre) ou que la modulation d’amplitude ne répond pas aux dernières spécifications… Concrètement, même le simple Gigabit (certes inaccessibles pour nombre d’internautes), reste de la science-fiction… Il est même piquant de parfois faire mieux avec du Wi-Fi ac, de cinquième génération qu’avec du Wi-Fi ax, de sixième génération. Nous y reviendrons…
Xavier Studer