
Swisscom a bombé le torse mercredi en dévoilant son programme de déploiement de la 5G. Le puissant opérateur, partenaire historique d’Ericsson avec lequel il a participé au développement de la 5G en terres vaudoises à l’EPFL, proposera une couverture «dans toute la Suisse» d’ici la fin de l’année. Le canton et la haute école en seront-ils privés?
Les choses vont décidément très vite puisque Swisscom commercialisera en mai déjà l’Oppo Reno 5G, premier cellulaire compatible. Des modèles d’autres marques, que nous avons parfois eu entre les mains au MWC 2019 de Barcelone, suivront; LG à partir de mai, Samsung à partir de juillet et Huawei au 3e trimestre.
Premiers smartphones limités en fréquences
L’Oppo Reno 5G a déjà fait pas mal parler de lui. Il possède notamment un écran presque sans rebords, un zoom hybride 10x. Il sera proposé avec les abonnements smartphone inOne mobile qui incluent déjà la 5G. Pour bénéficier d’un débit encore supérieur, le client pourra souscrire une option Premium Speed pour dix francs par mois, précise Swisscom dans son communiqué.
Attention, car les premiers appareils 5G fonctionneront uniquement sur des fréquences de la bande des 3,5 gigahertz. Swisscom relève d’ailleurs malicieusement qu’elles ont été utilisées jusqu’à présent pour la transmission d’image de TV en direct lors d’opérations spéciales… Il faudra attendre une autre génération de modèles pour une plus grande compatibilité avec davantage de précieuses ondes électromagnétiques!
Swisscom est prêt pour les grandes villes
Dès que l’Office fédéral de la communication (OFCOM) aura attribué la concession pour une véritable utilisation commerciale, l’ogre bleu activera son réseau 5G mis en place avec son partenaire technologique Ericsson, qui a réalisé certaines recherches sur le campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), dans le canton de Vaud, qui ne veut pas de la 5G en raison de décideurs mal informés.
Alors que fréquemment, des débits de l’ordre de 10x ou 100x celui de la 4G ont été évoqués, Swisscom articule un débit maximum d’environ 2 Gigabits/sec dans un premier temps. Contrairement à Sunrise, il proposera cette technologie dans plusieurs grandes villes du pays et même 90% de la population d’ici la fin de l’année. Evidemment, les performances de la 5G en Suisse dépendront énormément des normes et de la méthode de mesure qui seront définies par les experts, en principe sans danger, comme expliqué officiellement en Allemagne.
Des licences 5G et une obligation de couverture?
Pour mémoire, en septembre dernier Doris Leuthard, avait mis sur pied un groupe de travail, sous l’égide de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) pour faire le point en matière de téléphonie mobile et de rayonnement. D’ici mi-2019, il doit notamment étudier les préalables à la mise en exploitation de la 5G et les risques qui en découlent.
Étonnamment, le canton de Vaud semble prêt à bloquer le déploiement de cette technologie alors que la Confédération vient d’attribuer légalement et démocratiquement pour une somme assez rondelette les fréquences nécessaires et travaille activement à l’adaptation des normes ad hoc (principe de précaution). Rappelons par ailleurs que ces licences sont généralement assorties d’une obligation de couverture…
Inconséquence et contradictions…
Comme me le faisait observer mercredi soir une source proche du dossier, les autorités vaudoises ne brillent donc ni par leurs connaissances de cette thématique, ni par la constance de leur engagement, mais se distinguent certainement par leurs contradictions! Cédant aux pressions de groupes réactionnaires, voire conspirationnistes, en proie à la panique, elles balaient des normes établies dans notre Etat démocratique.
Parallèlement, à l’image la Confédération, Vaud, prétendument «terres d’innovations» s’est fendu récemment d’une grande stratégie numérique, plusieurs décennies après le début de la révolution éponyme… Pour enfoncer le clou et bien souligner sa légèreté dans ce domaine, les autorités locales tentent désormais de bloquer la 5G, en contredisant leur propre stratégie… L’EPFL, un des «berceaux» de la 5G, en sera-t-elle privée?
Xavier Studer
La présentation de Swisscom