J’ai plusieurs fois reçu des remarques d’internautes me disant qu’il faut écrire « courriel » et non « e-mail », par respect pour la langue française. La question est plus délicate qu’il n’y parait puisque l’enrichissement du vocabulaire d’une langue est souvent le fruit d’évolutions technologiques issues de cultures plus avancées…
Selon le dernier rapport de l’Union internationale des télécommunications (UIT) intitulé L’état du large bande en 2012: mettre le large bande à la portée de tous, une mine d’informations disponible ici, la langue française est désormais la 8e la plus utilisée sur internet. De nombreuses cultures nous dépassent et vont encore enrichir notre vocabulaire…
Et les choses devraient encore drastiquement évoluer ces prochaines années puisque, par exemple, le chinois devrait doubler l’anglais qui reste pour l’instant la langue la plus utilisée sur internet. Cette évolution se traduira peut-être aussi par des bouleversements culturels plus profonds. L’anglais restera-t-il d’ailleurs la langue scientifique? Devrons-nous apprendre le chinois ou le coréen?
Société digitale ou numérique?

Je pense que notre académie française n’a donc pas fini de courir derrière certaines cultures pour trouver des équivalents francisés aux innovations étrangères. Rappelons qu’en français nous devrions dire « baladeur » et non « walkman ». On devrait aussi parler de puce et de non de « chip ». Il doit exister des dizaines, si ce n’est des centaines d’exemples similaires.
Cela dit, je me gausse lorsque j’entends de grands patrons de presse romands, anciens journalistes par ailleurs, parler de du monde « digital » de l’édition en lieu et place de « numérique »… Dans ce cas, la dérive est gravissime puisque en français « digital » signifie « qui se rapporte au doigt »… Je ne condamnerai pas ce dérapage qui n’est que le symptôme de la faiblesse du français par rapport à l’anglais dans certains domaines technologiques…
Xavier Studer
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On devrait commencer à enseigner le Chinois dans nos écoles. Lol.
Ou travailler un peu plus?
Pour info, il y a déja des écoles qui enseigne le chinois dès la primaire. Tu peux peut-etre trouver cela drôle, simplement, ca sera la langue bizness du futur au lieu et place de l’anglais: le mandarin
Et le Suisse-allemand ?? #mdr
Le terme « digital » mentionné dans la note est un parfait exemple des dérives de la francisation basée sur de faux amis. Comme expliqué par Xavier Studer, l’équivalent français (« numérique ») existe pourtant bien. Mais, nous avons tendance à intégrer les termes anglais dans notre langue, et comme dans ce cas le « même » terme existe en Français, cela rend encore plus facile cette intégration. Intégration pour le moins ridicule… car il s’agit d’un faux ami (terme proche dans son orthographe, mais à la signification différente).
Il en va de même de la fameuse « expérience utilisateur » tirée du terme anglais « user experience ». Le terme français est utilisé à contre-sens, et devrait être remplacé avantageusement par « ressenti ». On pourrait encore citer par exemple « application » (candidature), « manager » (gestionnaire, et non pas cadre), etc…
Nous sommes devenu la société du moindre effort, quitte à dénaturer notre langue… Dommage!
« Nous sommes devenu la société du moindre effort »
Oui, mais il faut savoir que c’est le fonctionnement même de notre cerveau qui est comme cela (une grosse feignasse)
Pour ma part, je trouve difficile d’utiliser ces mots francisés. On s’habitue pendant des années à utiliser le jargon informatique en anglais et tout d’un coup, il faut utiliser un mot fabriqué. Je n’arrive toujours pas à m’habituer au mot « courriel » car e-mail a été utilisé pendant au moins 20 ans avant. Mais aussi, je crois que les Suisses aiement bien cultiver certaines différences linguistiques avec leurs voisins Français 🙂